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Cuisine et salon d’extérieur ouverts toute l’année

Cette exceptionnelle cuisine d’extérieur réunit toutes les qualités de raffinement et d’agrément que l’on attend aujourd’hui d’un espace de convivialité. Une véritable « cinquième pièce » qui transforme le jardin en lieu à bien vivre…

TEXTE PATRICK MIOULANE // PHOTOS NATHALIE PASQUEL WWW.JARDINS.PHOTOS

 

 

 

 

Vivre dehors toute l’année s’avère évidemment assez peu imaginable y compris dans nos contrées les plus méridionales. Toutefois, à condition d’adopter quelques aménagements, comme une couverture de la zone de cuisine, d’utiliser des matériaux résistant aux intempéries et aux températures négatives, de prévoir un système de chauffage, il devient nettement plus envisageable de profiter de son jardin et de sa cuisine d’extérieur. Croyez-nous, ça change la vie d’investir dans une véritable pièce à vivre en plein air. Ici, carte blanche au paysagiste John Everiss.

Original, moderne, élégant, chic, mais aussi fonctionnel, le résultat se montre en tout point remarquable. L’omniprésence quasi fusionnelle du végétal avec les parties construites s’exprime parfaitement avec la couverture en bois de l’espace cuisine qui prend vie avec les plantations qui la recouvrent. Le style foncièrement design s’exprime avec l’association du bois et du minéral, l’aspect un peu austère du calcaire noir (originaire de Belgique) étant valorisé par le grain doux et chaleureux du cèdre rouge en provenance d’Amérique du Nord.

Un ensemble d’une rare élégance, accueillant en toute saison et surtout, qui nécessite peu d’entretien.

 

Le jardin comme on l’aime

Un salon de jardin sobre et accueillant, un vaste espace cuisine avec barbecue et cheminée donnent le ton du confort et de la détente. Les végétaux sont omniprésents, y compris sur la partie toiture.

 

Couleurs et saveurs

Dans le massif entourant l’espace détente, le laurier-sauce (Laurus nobilis) en forme de cône donne du volume à la composition. Cette forme géométrique associée au buis (Buxus sempervirens) taillé en boule, structure la plantation. En début de saison, le romarin (Rosmarinus officinalis) est le premier à fleur dans un bleu soutenu. De mai à septembre, les épis mauves de la cataire (Nepeta x faassenii ‘Six Hills Giant’) attirent les insectes pollinisateurs. Elles sont relayées en fin de saison par le rose et le pourpre des orpins (Sedum spectabile) qu’adorent les papillons, mais seulement en boutons ici.

 

Menthe sous surveillance

Une touffe de menthe verte (Mentha spicata) a été volontairement serrée entre cataire, romarin et orpin. Dotée d’un tempérament envahissant, cette vivace très aromatique doit être en permanence limitée dans son développement. Il suffit de prélever les pousses pour les utiliser dans les boissons.

 

Mixité végétale

Les secrets d’un massif réussi sont bien illustrés ici, à savoir l’emploi de végétaux d’aspect varié dans les silhouettes, les hauteurs, les couleurs et les textures. Il faut aussi que les diverses espèces s’imbriquent les unes dans les autres et que certaines reviennent ici et là comme un fil conducteur visuel. Cet effet est assuré par les cataires et les achillées hybrides (Achillea ‘Terracotta’).

 

 

Cuisiner dans la verdure

Une vraie cuisine avec un équipement digne d’un pro ! En premier lieu, un grand barbecue à gaz du fabricant Beef Eater (tout un programme !) qui peut faire office de four, mais aussi un réfrigérateur, une cave à vin, un broyeur de déchets… Parfaitement abritée, elle peut être utilisée par tous les temps. Une réserve de bois destinée à la cheminée est aussi intégrée dans le mobilier entièrement réalisé en cèdre rouge, tout comme le plancher. Côté jardin, une profusion de lavandes (Lavandula x intermedia ‘Grosso’) et du fenouil (Foeniculum vulgare) viennent parfumer en été le buis et les achillées. Une touche de fantaisie naturelle est apportée par le feuillage herbacé panaché des laîches (Carex oshimensis ‘Evergold’)

 

 

Un vaste plan de travail

D’un entretien facile et résistante aux écarts de température saisonniers, une plaque de marbre poli de 2 cm d’épaisseur recouvre les meubles de cuisine. Cette pierre naturelle résiste bien aux chocs et surtout ne se tache pas, d’où un aspect toujours impeccable. L’évier encastré en inox, avec son mitigeur intégré, ajoute à la touche très moderne de l’ensemble, le but étant d’offrir un espace aussi accueillant et chaleureux que la cuisine intérieure. Le cèdre rouge (Thuja plicata) a été choisi pour ses qualités de durabilité (il résiste aux insectes et aux champignons) et sa stabilité.

 

 

Toiture végétale en porte-à-faux.

 

Une des principales originalités de cet espace de vie dans le jardin vient de la position inhabituelle de sa couverture en bois. Elle semble comme posée en équilibre sur le mur qui intègre la cheminée. Mais en réalité, elle est solidement maintenue à l’arrière par des tirants métalliques ancrés dans le sol. Formant un véritable bac de 25 cm de haut, la toiture a été étanchéifiée par l’intérieur. Elle peut ainsi accueillir un système complet de drainage et un substrat de plantation adapté. Le toit présentant une inclinaison vers l’arrière, l’eau des précipitations s’évacue tout naturellement et peut même être récupérée dans un collecteur enterré ou non.

Comme il n’a pas été prévu d’accès direct à la toiture, les plantations sont limitées à des orpins rampants (Sedum spp.) qui, une fois installés, ne demandent aucun entretien. Ce sont quasiment les seules plantes valables (avec les fétuques bleues) pour cette utilisation dans les régions aux étés secs. Dans les zones plus humides, il est possible de réunir diverses autres vivaces dont les heuchères, par exemple.

 

 

Intimité préservée

Grâce à la petite haie de charmille plantée tout autour du coin repas, les convives sont quasiment invisibles, une fois assis autour de la table et ils ont l’impression de vivre au milieu de la verdure.

 

 

Herbes décoratives

L’arrière de la partie cuisine est planté de vivaces variées dont des graminées. Le feuillage bleu du blé d’azur (Elymus arenarius ‘Glaucus’) met bien en valeur le gris glauque de la sauge officinale (Salvia officinalis) et la floraison de la cataire blanche (Nepeta x faassenii ‘Snowflake’). Imposant mais gracieux, le panicaut (Panicum virgatum) valorise la légèreté de la verveine de Buenos Aires (Verbena bonariensis).

 

… Et herbes aromatiques

Le massif accueille aussi des plantes condimentaires comme le basilic pourpre (Ocimum basilicum ‘Purple Ruffles’) qui s’associe joliment avec les feuilles frisées du persil d’Italie (Petroselinum crispum). En bordure, de la sauge pourpre.

 

Un foyer bien accueillant

Destiné à être utilisé le plus souvent possible et en toutes saisons, ce jardin gourmand est associé à une cheminée monumentale construite en moellons de calcaire noir montés à l’ancienne (pierre sèche). Une cheminée à feu ouvert y est intégrée avec son avaloir fait de la même pierre. Les chenets disposent d’un récupérateur de cendre intégré.

 

Des renforts indispensables

La toiture en porte-à-faux est maintenue dans sa partie arrière par des jambages de soutien métalliques. Leur tirant est réglable afin de s’adapter aux éventuels mouvements du sol et au jeu qui se produit inévitablement avec le bois. Une importante réserve de bûches est entreposée derrière la cheminée ce qui permet de l’utiliser à tout moment.

 

Calcaire noir

Le dallage de la partie jardin, qui contraste avec le sol en bois de la cuisine, est, comme le mur de la cheminée, réalisé en calcaire noir. Cette pierre naturelle doit être traitée avec un produit imperméabilisant pour bien résister au froid, mais surtout pour conserver sa belle couleur sombre, sinon elle vire au gris acier. Elle peut être remplacée par de l’ardoise.

Paysagiste : John Everiss 
Un jardin présenté lors du Tatton Park Flower Show, Manchester 2011

 

 

 

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