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La terrasse en belvédère

Avec un budget inférieur à 9 000 € « clés en mains », ce rez-de-jardin a été aménagé comme une oasis végétale à laquelle on accède par des marches décalées. C’est une évocation européenne et contemporaine du jardin d’Éden, avec la symbolique de l’effort récompensé comme l’incarne aussi le pavillon de thé du jardin japonais.

TEXTE PATRICK MIOULANE / PHOTOS NATHALIE PASQUEL WWW.JARDINS.PHOTOS

 

 

LE MINI-JARDIN QUI SE LIT EN 3D

Œuvre de deux paysagistes anglais âgés de moins de 30 ans : Monty Richardson et Peter Cowell qui travaillent dans la région de Manchester, cette petite aire de repos s’inscrit dans un espace réduit de 5  x 6  m. En raison de la nature marécageuse du terrain, les concepteurs ont eu l’idée de surélever le dallage sur trois niveaux, en le concevant comme un gué en relief, qui émerge d’une végétation luxuriante.

Totalement imaginé dans les trois dimensions, le jardin s’apprécie dans ses différences de niveaux qui composent un ensemble dynamique et anticonformiste. Au final, on a l’impression de s’installer sur un « patio flottant » qui se laisse allègrement envahir par une végétation conquérante aux couleurs toniques. Ce concept pourrait aussi se reproduire sur une terrasse d’immeuble. Le jardin formerait alors une sorte de belvédère à la position dominante qui permettrait de contempler la ville alentour.

 

 

Terrasse dallée, paysagiste Peter Cowell et Monty Richardson

Fontaine de jouvence

Pour renforcer le caractère déjà naturellement humide du jardin, le mur de pierre s’habille d’un mur d’eau, avec alentour une végétation de terrains frais : Primula vialii, Gunnera manicata, Ligularia stenocephala ‘The Rocket’, Primula florindae, Astilbe, etc.

 

 

Rodgersia aesculifolia et Lobelia cardinalis ‘Queen Victoria’

Le yin et le yang

L’opposition entre la blancheur de la fleur du Rodgersia aesculifolia et le feuillage presque noir du Lobelia cardinalis ‘Queen Victoria’ peut évoquer la lutte entre le bien et le mal et l’opposition de la nuit et du jour. Une symbolique que l’on peut aussi oublier pour profiter plus prosaïquement d’un effet de contraste qui dynamise le massif.

 

Primula vialii (primevère de l’Himalaya)

Primevère de l’Himalaya

Appelée aussi primevère des marais, Primula vialii apprécie les sols humides et riches en matière organique ainsi que les expositions ombragées. Cette vivace parfaitement rustique élève ses épis coniques jusqu’à 50 cm de haut dans le courant du mois de juin.

 

Heuchera 'Fire Chief', heuchère

Feuillage flamboyant

Obtenue aux États-Unis en 2010, Heuchera ‘Fire Chief’ fait partie des plantes vivaces les plus toniques. Son feuillage persistant est rouge vif lorsqu’il est jeune, puis il brunit petit à petit. Les minuscules clochettes rose et blanc s’épanouissent de mai à juillet. Une plante sans problème qui apprécie bien les arrosages généreux.

 

Rodgersia aesculifolia

Superbe géante

Ressemblant à celles du marronnier, les feuilles de Rodgersia aesculifolia peuvent dépasser 50 cm de diamètre. Cette plante imposante se plaît à l’abri du soleil et du vent, dans un sol riche et profond qui reste humide durant les plus chaudes heures de l’été. Le feuillage disparaît en hiver.

 

Fatsia japonica et Phormium tenax ‘Sundowner’

Opulence exotique

Le feuillage ample de l’aralia du Japon (Fatsia japonica) et la finesse colorée du lin de Nouvelle-Zélande (Phormium tenax ‘Sundowner’) constituent un arrière-plan de choix pour le salon de jardin en résine tressée. Les plantes jouent un rôle efficace de coupe-vent, tout en apportant une note assez imposante dans l’assortiment végétal.

 

Astilbe chinensis 'Visions in Red'

Un peu de chaleur

On retrouve ici les deux plantes vedettes de la photo précédente, mais elles sont éclairées par l’Astilbe chinensis ‘Visions in Red’, un cultivar très original par son feuillage finement découpé, presque noir, et ses fleurs vaporeuses rouge intense qui s’épanouissent en juillet et août. C’est une plante qui apprécie les sols acides et demande des arrosages soutenus.

 

 

l’idée déco

Les plantations très denses s’infiltrent même entre les marches pour donner une impression plus naturelle et de grande générosité.

 

Terrasse, paysagistes : Peter Cowell et Monty Richardson

La marche à suivre

Posé sur un support en acier traité et patiné, les bandes de dallage en pierre calcaire constituent des paliers successifs surélevés de la hauteur d’une marche (15 cm). La forme en L est originale.

 

 

Terrasse, massif avec Hostas : paysagistes Peter Cowell et Monty Richardson

Atteindre le graal

Le cheminement qui aboutit à l’espace détente exprime une vision minimaliste de la conquête de l’absolu que l’on retrouve dans la notion historique des jardins de paradis.

 

 

LE POINT SUR…

Le dallage calcaire
Ici, la terrasse est réalisée en pierre naturelle beige clair, un calcaire dur à grain fin qui présente une grande homogénéité et une finition parfaitement plane, qui facilite la pose. Il faut toutefois signaler que cette roche sédimentaire se montre sensible au gel. Elle résistera mieux si elle est traitée après la pose avec un produit imperméabilisant qui par ailleurs évite à la pierre de se tacher et d’être incrustée par les lichens.

 

 

Dallage, paysagistes : Peter Cowell et Monty Richardson

Dallage suspendu

La disposition décalée de chaque mini-terrasse donne l’impression (voulue) d’un gué, comme si elles étaient posées sur l’eau. Les iris du Japon (Iris ensata) aux superbes fleurs violettes peuvent d’ailleurs pousser les pieds dans l’eau. Ils sont accompagnés des étonnants millets à chandelle pourpre (Pennisetum glaucum ‘Purple Majesty’). Sur la droite, un tapis compact constitué de : Heuchera ‘Fire Chief’, Astilbe x arendsii ‘Glut’, Alchemilla mollis et Tiarella cordifolia.

 

Paysagistes : Peter Cowell et Monty Richardson
 Un jardin présenté lors du Hampton court Flower Show, 2013

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