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Terrasse urbaine, paysagiste Elisabeth Seymour

Le design à l’état sauvage

Voilà qui n’est pas le moindre des paradoxes de cette création : la paysagiste Elizabeth Seymour a voulu réaliser en plein cœur d’une zone urbaine un jardin d’allure sauvage envahi par la végétation. Juste une illusion ?

TEXTE ANTOINE PETIT / PHOTOS NATHALIE PASQUEL / WWW.JARDINS.PHOTOS

 

 

Quand on a la chance, rare, de disposer d’un jardin en pleine ville, il faut reconnaître que le principal handicap tient au respect de son intimité. Alors qu’une terrasse en ville est plus généralement située dans les hauteurs si ce n’est dans le point le plus haut d’un immeuble, le jardin est, lui, comme engoncé entre des murs et des façades d’immeubles. Par la force des choses, les habitants de ces appartements profitent d’une vue plongeante sur l’espace du jardin. Compte tenu de cette contrainte à laquelle s’ajoute celle de veiller à ne pas trop masquer la lumière du jour, il faut tenter de soustraire le jardin aux regards indiscrets. C’est fort de ce constat opéré par la paysagiste Elizabeth Seymour, elle-même victime de cette situation dans son jardin situé au centre de Brighton, qu’elle a conçu et réalisé ce jardin de ville.
C’est vers l’œuvre d’un célèbre architecte américain, Frank Lloyd Wright, qu’Elizabeth Seymour s’est tournée pour trouver une source d’inspiration et plus particulièrement dans une villa en Pennsylvanie qu’il a édifiée en 1935, alors qu’il était âgé de 68 ans, la Maison sur la cascade (Fallingwater house). Elizabeth en a créé un jardin que l’on pourrait imaginer situé dans une forêt, au milieu d’une végétation luxuriante.

 

 

 

Terrasse urbaine contemporaine Elizabeth Seymour

Low lita

Le lierre vient chatouiller celui ou celle qui s’asseoit dans ce fauteuil signé de la designer Paola Navone pour le compte de l’éditeur italien Slide. Répondant au nom de Low Lita, ce fauteuil étonne par le contraste entre la finesse de ses siège et dossier, d’un côté, et l’impression de solidité conférée par ses pieds. Réalisé en polyéthylène par rotomoulage, il est disponible en de multiples couleurs… Sur la droite, on aperçoit le feuillage d’un bouleau (Betula pendula ‘Youngii’).

 

 

Muehlenbeckia complexa grimpant sur pilier d'une pergola

Pergola design

Reposant sur des piliers en métal, envahis par Muehlenbeckia complexa, la structure de la pergola est constituée, dans sa partie supérieure, de calcaire blanc. À l’arrière-plan, le long du mur retombe du lierre panaché. Le tout crée un ensemble très design.

 

 

Terrasse urbaine, paysagiste Elizabeth Seymour

Œuvre murale

Adossée à un mur en béton qui a été redécoré par cette œuvre murale monumentale, cette terrasse se distingue évidemment par sa construction ultradesign.

 

 

Pergola et terrasse contemporaine : paysagiste Elizabeth Seymour

En écho

Venant en écho à la pergola, le sol est recouvert de lames de bois clair évoquant le parquet d’un intérieur chaleureux. Ce qui a pour effet de renforcer l’impression d’évoluer dans une habitation même si elle reste pleinement exposée aux intempéries extérieures.

 

 

Muehlenbeckia complexa grimpant sur pilier d'une pergola

Murs intérieurs

Des murs intérieurs peints viennent encore renforcer l’impression qu’il s’agit d’une habitation “traditionnelle”. On passe d’ailleurs d’un revêtement de sol en parquet à du carrelage d’extérieur, l’architecte paysagiste voulant ainsi proclamer un changement de pièce.

 

 

Jardinière avec Actaea simplex 'James Compton' et Cenolophium denudatum

Jardinières

Tout au long du mur d’enceinte et en contrebas, des jardinières ont été aménagées pour accueillir un massif surélevé : Actaea simplex ‘James Compton’ (Bugbane) au feuillage pourpre, Cenolophium denudatum (fleur blanche). Et, à droite, un jasmin étoilé, une grimpante ligneuse au feuillage persistant et aux fleurs blanches très odorantes : (Trachelospermum jasminoides Lem.).

 

 

Tabouret végétal avec Thymus serpyllum ‘Albus’ : Paysagiste Elizabeth Seymour

Le thym s’illusionne

Des plots carrés viennent comme délimiter la structure. Ils sont recouverts de plaques de calcaire blanc reposant sur des montants métalliques d’où émergent des plantations de thym (Thymus serpyllum ‘Albus’)qui donnent l’impression qu’elles soutiennent l’édifice. Un artifice qui participe à la volonté d’illusion.

 

 

Pour créer cette ambiance de jardin sauvage, la sélection des végétaux est primordiale.

 

 

 

Massif de vivaces, pergola. Paysagiste Elizabeth Seymour

Camaïeu de vert

Côté végétaux, la palette se veut particulièrement harmonieuse. Pour l’essentiel, la végétation s’affiche sous un camaïeu de vert avec le jaillissement de quelques touches de blanc. On retrouve Cenolophium denudatum et ses fleurs blanches, Thalictrum delavayi ‘Album’ qui offre une floraison blanche au printemps, sans oublier Actaea simplex ‘James Compton’ (Bugbane) au feuillage pourpre.

 

l’idée déco

Dans un univers urbain très bétonné, la touche naturelle est accentuée avec l’utilisation d’une végétation d’allure sauvage.

 

Fauteuil signé de la designer Paola Navone, paysagiste Elizabeth Seymour

Impression trompeuse

Comme en prolongement au bloc de calcaire blanc surmontant le banc au premier plan, le fauteuil de la marque Slide, pareillement en blanc, semble construit dans le même matériau. Et il n’en est rien ! C’est, à la vérité, en plastique qu’il a été fabriqué.

 

 

Cenolophium denudatum et Actaea simplex

Du blanc au pourpre

En véritable vedette de cette association de vivaces, se détache cette fleur blanche (Cenolophium denudatum) en floraison de juillet à octobre. Elle aime être plantée en plein soleil ou partiellement à l’ombre. Sa notoriété, encore limitée, est en pleine expansion  : elle figure parmi les plantes tendance du moment. Quant à la touche pourpre, elle est fournie par Actaea simplex ‘James Compton’ (Bugbane).

 

Thalictrum delavayi 'Album' et Cenolophium denudatum, paysagiste Elizabeth Seymour

Sépales blancs

Parmi la composition comportant Cenolophium denudatum (fleur blanche) et Actaea simplex ‘James Compton’ (Bugbane) au feuillage pourpre, pointe Thalictrum delavayi ‘Album’, qui se distingue par ses tiges souples qui s’élèvent jusqu’à 1,20 m. Et, en juillet, avec une floraison blanche très particulière aux sépales blancs.

 

 

Muehlenbeckia complexa, plante grimpante

Croissance rapide

Très original, Muehlenbeckia complexa qui grimpe sur les piliers de la pergola mérite à être connu. Il faut admettre que, pour l’heure, cette plante demeure peu répandue et plus encore dans les jardins contemporains. Plus habituellement utilisée en intérieur, elle se montre capable de passer l’hiver dehors. Avec son feuillage caduc, elle connaît une croissance rapide pour atteindre 6 m de haut.

 

 

Lierre retombant d'une pergola

Grimpant ou retombant

À la fois grimpant et retombant, naturellement habitué à s’accrocher aux arbres dans la nature, ce Hedera helix prend ici une forme retombante depuis la pergola. Spécialement vigoureux, ce lierre panaché est assez rarement cultivé.

 

 

Hebe stenophylla synonyme Veronica parviflora var. angustifolia, véronique arbustive

Hebe… oui

Originaire de Nouvelle-Zélande, Hebe stenophylla est également connu sous le nom de Veronica parviflora var. angustifolia, (véronique arbustive). Il s’agit d’un arbuste semi-rustique, au port arrondi et au feuillage persistant et dont la floraison ne dure que de juillet à août.

 

Paysagiste : Elizabeth Seymour
Un jardin présenté lors du Hampton court Flower Show, 2012

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