MENU
Jardinet, jardin de ville : paysagiste Kate Gould

Tout en beauté, tout en récup’

En utilisant autant que possible des matériaux de récupération, la paysagiste britannique Kate Gould a aménagé une terrasse de rêve.

TEXTE PATRICK MIOULANE / PHOTOS NATHALIE PASQUEL

 

 

UN JARDIN AUSSI UNIQUE QU’ÉCONOMIQUE

Partant du potentiel que représentent les nombreux matériaux de construction abandonnés ou inutilisés sur les chantiers, la paysagiste Kate Gould a décidé de récupérer les éléments excédentaires ou mis au rebut par les entreprises de bâtiment. Dotée d’un esprit très créatif, elle détourne l’usage premier de ces objets pour les intégrer dans les jardins à des fins tout aussi esthétiques que pratiques. Elle s’est fait aussi une spécialité dans l’aménagement des moindres espaces disponibles en ville. C’est ainsi que cette mini-terrasse mesurant 5 x 7 m, et enchâssée entre des immeubles, a été transformée en une élégante oasis de tranquillité à l’esthétique indéniable.
L’endroit humide, triste et mal éclairé, s’est métamorphosé en un charmant espace de détente généreusement végétalisé. Le jardin, réalisé pour un coût minimum, privilégie les motifs géométriques simples. Il est également conçu pour être apprécié vu du dessus, à partir d’une fenêtre de l’appartement qui dispose d’un balcon.

 

 

Mur végétalisé avec Lamium 'Beacon Silver', à gauche : Acer palmatum 'Kogane-Nishiki', paysagiste Kate Gould

Émeraude et argent

Planté de fougères (Polypodium), de bugles (Ajuga reptans) à feuillage vert foncé et de lamiers (Lamium ‘Beacon Silver’ grisonnants et à fleurs roses), ce somptueux mur végétal dispose d’un système d’arrosage automatique.

 

LE POINT SUR…

L’érable du Japon
Associant le vert, le rose et l’orangé sur ses jeunes feuilles, Acer palmatum ‘Kogane Nishiki’ prend une teinte uniformément jaune d’or en automne. Il forme un petit arbre de 3 à 5 m de haut après une quinzaine d’années. De croissance lente, il apprécie les endroits ombragés et les sols acides et frais, mais il ne grille pas sous l’action du soleil. On le plantera dans un mélange de terre de bruyère et de terreau léger.

 

Jardinet, jardin de ville : paysagiste Kate Gould

Sérénade végétale

Après avoir structuré l’espace avec de subtiles différences de niveaux, la paysagiste a privilégié le végétal, jusqu’à composer un mur de verdure des plus harmonieux. La ville s’habille de nature pour le plus grand plaisir des jardiniers citadins.

l’idée déco

Les bordures de buis bien ciselées, disposées sur plusieurs niveaux, participent au dessin du jardin, tout en constituant un volume des plus intéressants.

 

 

 

claustra fabriqué avec planches de récupération, Paysagiste Kate Gould

Claustra  échafaudage

L’habillage d’un mur aveugle a été réalisé à partir de planches d’échafaudage de 2,50 m de long, 20 cm de large et 4 cm d’épaisseur. Caractérisées par leur section ferrée (about ferré en « croco »), elles ont été simplement lasurées pour offrir une tenue aux intempéries durant au moins dix ans. L’arbuste qui accompagne les luzules est un fusain ailé (Euonymus alatus) qui deviendra d’un superbe rouge vif en automne.

 

 

 Massif surélevé : Betula alba (bouleau blanc d'Europe), Hosta 'Green Edger', paysagiste Kate Gould

Raffinement des détails

Dans un tout petit espace, rien ne doit être négligé. C’est ainsi que des plantations ont même été réalisées sous la banquette avec des plantes qui vivent bien à l’ombre dense : Epimedium x youngianum ‘Niveum’, Dicentra eximia et fougères.

 

 

Séparation en verre. Pergola métallique : paysagiste Kate Gould

Ultra-design

Constituant quasiment un mini-jardin à lui seul, le passage qui mène à l’appartement forme un sas nettement délimité. Sur le côté, les panneaux en verre fumé balisent le chemin, tandis que la pergola, dont la grille métallique rappelle celles qui habillent le sol, forme un encadrement simple mais d’une valeur ornementale indéniable.

 

 

Coin repos en bois : paysagiste Kate Gould

Petit coin tranquille

La détente étant la vocation première de cette terrasse, un point d’assise était indispensable. Le banc a été réalisé avec des lames de bardage récupérées. D’une épaisseur de 19 mm, elles sont renforcées par des traverses perpendiculaires vissées en dessous. En pin traité en autoclave, elles résistent bien aux intempéries.

 

 

Luzula nivea et Rodgersia aesculifolia : paysagiste Kate Gould

Un petit air sauvage

La jardinière, fabriquée en dalles de béton, accueille deux plantes de sous-bois : la luzule blanc de neige (Luzula nivea), une cousine des papyrus originaire de nos montagnes et Rodgersia aesculifolia, une plante alpine et de sous-bois chinoise.

 

 

 Sol de gravillons collés dans une résine : paysagiste Kate Gould

Sol perméable

Constitué d’un revêtement de gravillons noyés dans une résine d’origine naturelle (type Permeaway archi), le sol de la terrasse peut évacuer en une heure jusqu’à 4 000 l par mètre carré. Ne produisant pas de poussière, il est aussi très confortable.

 

le détail à retenir

Ne disposant pas d’alimentation en eau, le jardin devait être autosuffisant en termes d’irrigation. Pour cela, une citerne enterrée est alimentée par les eaux pluviales récupérées sur la descente de gouttière du bâtiment le plus proche. Les grilles posées sur le sol permettent aussi la récupération de l’eau.

 

Paysagiste : Kate Gould
Un jardin présenté lors du Chelsea Flower Show, 2009

 

 

Print this pageEmail this to someoneShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInShare on TumblrPin on Pinterest

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *