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Derrière une apparence de jardin aux formes très géométriques, se dissimule un ingénieux et complexe système de récupération des eaux de pluie. Matériaux et végétaux ont été précieusement sélectionnés. Parce que l’eau au jardin (re)devient un enjeu vital.

TEXTE LUC FERRAND / PHOTOS NATHALIE PASQUEL WWW.JARDINS.PHOTOS

Un sol craquelé pour irriguer

« On ne peut arrêter la pluie ! », s’écrie Hugo Bugg, tout jeune architecte-paysagiste, comme pour se justifier. Les épisodes répétés et violents qu’enregistre le pourtour méditerranéen qui font suite à des périodes de sécheresse parfois intenses sonne comme un rappel si nécessaire que l’eau (de pluie) est un bien que l’on ne maîtrise pas mais que l’on peut tenter de réguler. D’autant que nos jardins, s’ils ne sont pas aussi demandeurs d’eau qu’un champ de maïs, réclament un arrosage répété et d’autant plus prolongé que l’on est situé dans les régions les plus méridionales.  Avant toute chose, pour espérer réutiliser l’eau de pluie pour son jardin, encore faut-il organiser sa récupération. Hugo nous propose une solution aussi novatrice qu’efficace. Le revêtement qui singe une terre craquelée constitue, en réalité, un vaste et ingénieux système de petits canaux qui convoient l’eau soit vers un bassin de rétention, soit directement vers les plantations. Des végétaux, dont beaucoup ont été sélectionnés à dessein pour leurs qualités bien connues de filtration. De même, les formes très angulaires et pointues concourent à la bonne circulation de l’eau. 

Régulation

C’est en Corten que cette passerelle a été fabriquée. Le Corten est un formidable matériau, très tendance. Il s’agit d’un acier auto patiné qu’affectionnent les sculpteurs et autres designers d’extérieur, notamment pour son aspect rouille dû à un phénomène de corrosion forcée mais strictement superficielle. Parce que finement ajourée, la passerelle a été conçue de telle manière que l’eau soit, en quelque sorte, filtrée afin qu’elle s’écoule plus calmement, et réguler le flux afin de ne surtout pas abîmer la terre ou la végétation. 

Contraste

Depuis le banc aux formes origamiques jusqu’au promontoire rappelant la proue d’un bateau en passant par le bassin et la passerelle en Corten, un design très géométrique, très épuré a été privilégié. Et qui contraste notablement avec l’aspect champêtre de la dense végétation qui l’environne.

l’idée déco 

Capter l’eau de pluie et organiser tout le jardin en fonction de cet impératif tel est le défi relevé avec brio par son concepteur. 

Décoration

Positionnée en surélévation, la passerelle sillonne au milieu de la végétation et des différents massifs délimités par des plaques de béton inclinées. Elle trouve un prolongement presque naturel dans une plaque positionnée verticalement ce qui a l’heur de la changer en objet décoratif.

le point sur…

Les pieds dans l’eau ou au sec

L’une des réussites de ce jardin, c’est la mixité réussie entre jardin sec et jardin d’eau. Hugo Bugg a privilégié des plantes qui peuvent accueillir différents niveaux de saturation, de l’engorgement total tout au long de l’année à celles qui préfèrent des conditions plus sèches et que l’on retrouve dans les parties du jardin symbolisées par une terre desséchée. Ainsi Iris x robusta ‘Gerald Darby’, Juncus effusus et Darmera peltata sont des plantes qui aiment l’eau, tandis que d’autres, telles que Libertia grandiflora, géranium des bois et Euphorbia wallichii, se préfèrent les pieds au sec.

Le temps est assassin

L’aspect de la plateforme comme celui du fond du bassin est évidemment directement inspiré d’une terre craquelée, desséchée par le soleil. Une terre usée par le temps qui, hier, était marécageuse et bien irriguée, et aurait été victime d’une sécheresse prolongée. Cherchant à alerter sur les méfaits climatiques qui nous guettent si nous n’y prenons pas garde, le designer a créé ce matériau en béton sous forme de plaques modulaires qui s’imbriquent. Elles laissent transparaître comme un veinage qui laisse passer l’eau de pluie, la canalise et tend à créer un système de goutte à goutte. Ce véritable réseau d’irrigation permet de rediriger l’eau selon un process qui trouve son inspiration dans celui de la nature. Car tout jardinier émérite vous le confirmera, rien de mieux qu’un arrosage naturel.

Tectonique des plaques 

Conçu par le designer et concepteur du jardin, Hugo Bugg, le revêtement est en fait constitué de plaques en béton composite. Au format carré, de 39 cm de côté, elles s‘assemblent pour former un parterre d’une haute résistance (poids de 33 kg au m2).

impressionnant système de récupération des eaux de pluie et émerveillement devant cet océan d’iris.

L’iris robusta

Avec ses pétales dressés violet, ses sépales, bleu-violet et sa touche de jaune, l’Iris x robusta ‘Gerald Darby’ apporte une coloration formidable dans un jardin. Cet iris se complaît dans un bassin, à tout le moins dans un environnement humide ce qui s’avère propice à son développement, au point d’atteindre 120-130 cm. 

Inclinaison

Larges et fortement inclinées, les bordures de massifs favorisent l’écoulement de l’eau de pluie. 

Bordure

En bordure : Epimedium × perralchicum ‘Frohnleiten’, une plante couvre-sol, aux ravissantes petites fleurs jaunes au début du printemps, associée à Angelica ‘Ebony’ (feuillage pourpre), Iris x robusta ‘Gerald Darby’, Astrantia ‘Giant White’, Angelica archangelica.

Goutte à goutte

Adossée à côté de la fontaine, une aubépine monogyne à la floraison printanière très odorante (Crataegus monogyna) vient habiller le mur, tandis qu’une astrance (Astrantia ‘Giant White’) semble vouloir veiller au flot qui s’écoule doucement sur la fontaine.

Délicieusement désuet

Certains lui trouveront un air légèrement désuet, d’autres s’extasieront devant l’originalité de sa longue floraison de juin à août, Astrantia ‘Giant White’ (Astrance), ne peut laisser indifférent.

Terre humide

Parmi les Lysimachia atropurpurea ‘Beaujolais’, des Rodgersia podophylla qui affectionnent les terres humides, le tout sur un fond de touffes de graminée Deschampsia cespitosa (Canche cespiteuse).

Duo pourpre

Joyeux duo de vivaces à la couleur pourpre :  la forme allongée de Lysimachia atropurpurea ‘Beaujolais’ vient ponctuer les pompons de Cirsium rivulare ‘Atropurpureum’

Cœur d’artichaut

Gros plan sur Cirsium rivulare ‘Atropurpureum’ (Cirse des rives), et ses boutons floraux qui évoquent la carapace de l’artichaut.

Les pieds dans l’eau

Toute l’eau récupérée sert, entre autres, à alimenter une section réservée à des plantes aquatiques qui mêlent Juncus inflexus (Jonc glauque) et Alisma plantago-aquatica (plantain d’eau), une plante d’eau qui affectionne les rives et être immergée à - 20 cm. Elle produit de mignonnes petites fleurs blanches comme à profusion.

Paysagiste : Hugo Bugg
Un jardin présenté lors du Chelsea flower show, Angleterre
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