CHARGEMENT EN COURS...

Saisissez votre recherche...

Plus vrai que nature

Partager

Un petit pont en bois qui surplombe un cours d’eau au milieu d’une riche végétation, l’illusion est quasi parfaite. Et pourtant, l’ensemble a été façonné par les équipes d’Éric Lequertier, architecte paysagiste qui exerce ses talents autour de Saint-Malo…

TEXTE BRUNO WARASCHITZ / PHOTOS NATHALIE PASQUEL WWW.JARDINS.PHOTOS

La nature  mise en scène

Inutile de vous escrimer à tenter de localiser ce jardin, même si l’on vous indique qu’il se niche à quelques encablures de Saint-Malo. Il s’avère invisible de l’extérieur. Et même une fois entré et que vous parcourrez la large allée qui mène à la maison, il vous sera impossible de soupçonner la présence même du bassin. Et pour cause, ce jardin d’une assez grande superficie (autour de 8 000 m2) s’organise en une succession de scènes indépendantes et complémentaires les unes des autres. Une entrée tout d’abord constituée d’une large avenue carrossable bordée de nombreux cerisiers, une roseraie, un verger, et cette partie bassin qui vient comme couronner l’ensemble. Grandiose, la réussite de ce bassin s’explique d’abord, par sa conception qui tient à la justesse des proportions des différents éléments. Mais il faut aussi saluer la réalisation qui laisse à penser au visiteur d’un jour qu’il s’agit d’un bassin naturel. Ce qui atteste que le moindre détail a été soigné. Par petites touches, en massif ou dans les haies libres, la richesse végétale y concourt également. Plus globalement, la beauté naturelle de ce jardin ne doit pas faire illusion : c’est le fruit d’un travail de mise en scène dont on ne peut que féliciter le talentueux architecte paysagiste, Éric Lequertier. À noter que ce jardin continue d’être entretenu au quotidien par ses équipes ce qui permet de le faire évoluer, de le faire grandir dans le respect de sa conception originelle. Un point qu’il ne faut surtout pas négliger quand on entend pérenniser l’investissement consenti au moment de la conception du jardin.

Parfaite intégration

Le pont a été fabriqué en pin par les équipes d’Éric Lequertier, avec des arcs de pergola pour les rampes. Il a volontairement été réduit en hauteur, à la demande des propriétaires, afin qu’il s’intègre au mieux dans la végétation et ne se voie pas depuis la maison. 

le détail à retenir

La profondeur du bassin varie selon trois niveaux différents de 25 à 70 cm. Le bassin a été organisé en circuit fermé. L’eau circule dans un bac tampon, elle est traitée via un filtre UV avant d’être renvoyée dans le circuit. Pas d’entretien particulier si ce n’est le filtre qu’il faut nettoyer tous les quinze jours. 

Passage de gué

Le passage d’une rive à l’autre du jardin s’opère au choix par la passerelle, dont on distingue à gauche les planches de chêne, ou par le biais du petit pont en partie dissimulé par un saule crevette (Salix integra ‘Hakuro Nishiki’), comme perché sur tige. 

Une large palette de végétaux qui fait écho au bassin que l’on croirait naturel.

Ambiguïté

Étang ou bassin ? Naturel ou artificiel ? La prouesse réalisée par Éric Lequertier apparaît pleinement, tellement l’ambiguïté est quasi absolue. Non, avant son intervention, le terrain s’apparentait à un champ très humide sur lequel les propriétaires ont fait édifier leur maison. Longtemps, les propriétaires ont hésité entre une piscine, une baignade paysagère ou un bassin. 

Vieilles pierres

Toutes les rives du bassin sont habillées de vieilles pierres qui parviennent à dissimuler la bâche. Leur authenticité concourt à cultiver l’ambiguïté quant au caractère naturel ou artificiel de ce plan d’eau. Une abondante colonie de poissons y a élu domicile.

l’idée déco 

Ce bassin que l’on croirait naturel vous apporte un dépaysement complet et vous donne l’impression d’être en pleine campagne alors même que votre jardin peut être situé en milieu urbain.

Passerelle

Surplombant le bassin et encerclant la maison, une passerelle en bois constitue un véritable axe de communication. Cette passerelle a d’ailleurs pour fonction de relier deux terrasses, l’une dédiée à l’accueil quand la seconde est consacrée aux repas et au repos. En chêne, la passerelle rappelle évidemment l’ambiance des quais des ports de la côte malouine toute proche. Une collection d’iris des marais (Iris pseudacorus) vient joyeusement colorer cette rive du bassin. Ailleurs, dans le bassin ou dans ses abords, on trouve, outre des nénuphars, Pontederia (pontéderie), Acorus calamus ‘Variegatus’ (vivace aquatique). Bien qu’envahissants, des Phalaris arundinacea ‘Picta’ peuvent aussi être plantés.

Au pied du saule

Ici, un saule crevette du haut de sa tige (Salix integra ‘Hakuro Nishiki’) semble surgir d’un massif comptant, entre autres, une magnifique graminée, Hakonechloa macra ‘Aureola’ (herbe du Japon panachée) qui a la propriété de déployer de longues feuilles arquées ainsi qu’une autre vivace rhizomateuse, Libertia grandiflora, qui mériterait d’être plus connue, notamment pour ses panicules de fleur blanche s’épanouissant généralement en fin de printemps.   

 Riche bosquet 

Ce bosquet démontre à merveille la richesse végétale de ce jardin par rapport au nombre d’espèces différentes qui ont été plantées. Dans le massif, on citera la présence d’un saule crevette (Salix integra ‘Hakuro Nishiki’) et de Dicksonia antarctica (fougère arborescente). Au premier plan : Lysimachia punctata ‘Alexander’ (Lysimaque ponctuée), quelques Iris pseudacorus (iris des marais) ou encore Hosta undulata var. univittata. Au fond, se détachent, en arrière-plan, un cornouiller du Japon (Cornus kousa), un arbre caramel (Cercidiphyllum japonicum) dont le nom prend tout son sens à l’automne et Cordyline Indivisa syn. Dracaena indivisa. Et, enfin, à gauche, une touche méditerranéenne avec ce cyprès d’Italie (Cupressus sempervirens). 

Rose vif

Richement doté avec sa multitude de fleurs en pompon au rose vif assez remarquable, ce rosier liane au port grimpant, Rosa x wichuraiana ‘Dorothy Perkins’, fleurit sur une assez longue période puisqu’elle peut durer jusqu’à un mois et demi en continu au début de l’été.

Naturellement

Sur l’une des parties engazonnées, un cheminement à base de pierres naturelles d’Inde, façon pas japonais, invite presque irrésistiblement le visiteur à rejoindre le petit pont. Le long du parcours, on découvre Zantedeschia aethiopica (arum d’éthiopie), une vivace persistante ; Libertia grandiflora, une vivace rhizomateuse, sans oublier Salix integra ‘Hakuro Nishiki’ (saule crevette).

Clapotis

Une véritable cascade a été édifiée, c’était l’une des requêtes des propriétaires. Ils souhaitaient notoirement pouvoir entendre le clapotis de l’eau, y compris à distance : depuis leur maison et ses abords immédiats. Une belle réussite ! Le terrain a été légèrement surélevé pour accueillir la rocaille en surplomb du bassin et ainsi créer la cascade. Car que l’on ne s’y trompe pas, le terrain, à l’origine, était bel et bien plat ! Au milieu de la rocaille émergent Carex hachjoensis ‘Evergold’ syn. Carex oshimensis ‘Evergold’ (laîche), Astilbe arendsii, Iris pseudacorus (iris des marais). 

Autour de la cascade

La cascade qui donne l’illusion d’être naturelle est entourée d’une riche végétation. À gauche : Salix integra ‘Hakuro Nishiki’ (saule crevette), Dicksonia antarctica (fougère arborescente), Cordyline Indivisa syn. Dracaena indivisa. Quand devant, autour de la cascade, se côtoient Lysimachia punctata ‘Alexander’ (Lysimaque ponctuée), Deutzia crenata ‘Nikko’, ainsi que desiris des marais. Au fond, une haie de bambou noir (Phyllostachys Flexuosa) occulte la vue du voisinage. 

Pas si éphémère

Certes, l’éphémère de Virginie (Tradescantia x andersoniana ‘Osprey’) est une vivace dont la fleur ne dure qu’une journée, justifiant pleinement son nom. Toutefois, c’est de juin à août que dure la floraison.   

Parfum endiablé 

Décidément, les rosiers anciens connaissent un regain d’intérêt, bien souvent pour leur parfum endiablé. Confirmation avec ce rosier ancien ‘Ferdinand Pichard’ qui ravit les sens. Reconnaissons qu’il y a de quoi s’émerveiller devant la beauté de ses fleurs richement dotées de larges pétales multicolores qui vont du rose clair au blanc en passant par le rouge pourpre. Floraison par vagues de juin à septembre.

Deviendra encore plus grand

Il peut encore grandir  ce Cornus controversa ‘Variegata’ (Cornouiller des pagodes panaché), puisqu’il peut atteindre une vingtaine de mètres, voire même plus. Il se distingue par ses branches au port étagé et par son très beau feuillage caduc qui se colore de vert et de crème. Floraison en mai et juin.   

Repas-repos

Parmi les deux terrasses de cette propriété, voici celle dédiée aux repas et au repos. Un rosier grimpant ‘Rimosa’ vient habiller la façade de la maison de ses roses de couleur jaune lumineux.

Sol humide

En plein soleil ou en mi-ombre, Zantedeschia aethiopica (arum d’éthiopie) est une vivace persistante qui s’épanouit mais elle apprécie plus que tout un sol humide. Et pour cause, elle est originaire des zones humides d’Afrique…

Immanquable

On est en Bretagne, impossible d’imaginer un jardin dépourvu de rhododendron, la présence de ce Rhododendron taurus le confirme si besoin.

Architecte paysagiste : Éric Lequertier

POUR PLUS DE DÉTAILS :
Article précédent
Article suivant

Vous pourriez être aussi intéressé par...

Laissez un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

11 − 6 =

En savoir plus...

Découvrez les créations des paysagistes du monde entier pour créer et imaginer vos extérieurs design